À l’occasion de notre découverte des festivités du 30ème anniversaire du Futuroscope, nous avons eu la chance de rencontrer Cédric Girardin, le responsable Accueil et Attractions du parc. Lors de cet entretien, nous avons pu revenir avec lui sur les nouveautés 2017, discuter de la gestion des visiteurs au Futuroscope ainsi que se projeter dans les années à venir.

Quel est le programme des 30 ans du Futoroscope pour cette saison 2017 ?

Pour nos 30 ans, on voulait vraiment marquer le coup et surprendre à la fois nos visiteurs et également nos concurrents. L’Extraordinaire Voyage est notre principale nouveauté, qui a permis de lancer les festivités de notre 30ème anniversaire. Ensuite nous allons avoir tout au long de la période comprise entre mai et juin (le véritable anniversaire) des animations tous les week-ends : concert NRJ (20.000 spectateurs), marathon Futuroscope avec une course Happy Color, mais aussi une journée spéciale cuisine avec Joël Robuchon. À cette occasion, un menu spécial pour le 30ème anniversaire sera élaboré. Depuis février nous avons également eu une déclinaison d’innovations culinaires avec la confection d’un gâteau spécial 30 ans ou bien même d’un cocktail… Nos employés seront également mis à l’honneur avec une journée spéciale où tous les anciens employés du Futuroscope vont être invités.

L’Extraordinaire Voyage ayant mis la barre très haute, quelle sera la prochaine grande attraction du Futuroscope ?

La future nouvelle attraction est en projet pour 2019. Il est encore trop tôt pour se prononcer concrètement. Nous avons tout de même une problématique qui nous tient particulièrement à cœur : nous nous devons de faire la part belle à l’historique du parc. L’Extraordinaire Voyage reflète parfaitement notre positionnement actuel : on a envie de surprendre les visiteurs en leur proposant des choses inédites, tout en amenant une réflexion derrière. Il ne faut pas que ce soit uniquement de la sensation.

Un grand-huit au Futuroscope ce n’est donc pas pour demain ?

Peut être que si, mais si c’est le cas il y aura forcément une histoire derrière. Beaucoup de visiteurs ne comprendraient pas le but d’une attraction procurant simplement des sensations. Depuis quelques années nous avons un directeur artistique, dont vous pouvez voir le travail dans nos dernières créations : La Machine à Voyager dans le Temps, l’Extraordinaire Voyage… Avec lui, impossible d’avoir comme nouveauté un simple coaster posé au milieu de nul part (rires).

Beaucoup de parcs se mettent à utiliser la technologie VR : quel est votre positionnement à ce sujet ?

Une de nos délégations est rentrée il y a peu de Las Vegas avec de nombreux contacts. Nous avions également de notre côté amorcé des contacts il y a de ça quelques mois. On va bientôt proposer une animation utilisant la technologie VR (ndlr : « Dans la voiture de Sébastien Loeb », à partir de Noël 2017). On pense en tout cas qu’il ne faut pas rater le wagon de la VR.

Ne pensez-vous pas que la technologie est encore trop précoce pour avoir un rendu qualitatif ?

Nous pensons notamment au produit «  Samsung Gear  », pas toujours convaincant. Pour aborder la technologie VR, nous avons crée une cellule projet avec la constitution d’un «  Lab  » où de nombreuses entreprises viennent en démonstration. Nous gardons ces échantillons pour pouvoir le tester avec du public. Nous savons effectivement que cela implique de nombreuses contraintes, tout n’est pas encore rodé. Nous souhaitons nous assurer que tout sera fonctionnel et répondra aux demandes de nos visiteurs. Nous avons conscience que le public demande le développement d’une telle technologie immersive : nous allons d’ailleurs équiper l’Arena de 8 postes VR en accès libre, avec la technologie Oculus Rift.

Notre but est simple : rester parmi les meilleurs en France

Quelles sont vos relations avec vos concurrents directs ? (Parc Astérix, Disneyland Paris…)

Pour le Parc Astérix, nos relations ne peuvent être que bonnes puisque nous faisons partie de la même entité, à savoir la Compagnie des Alpes. On a des contacts, que ce soit avec Disneyland Paris ou le Puy du Fou. Nos équipes s’y rendent d’ailleurs régulièrement, et vice versa. L’idée c’est avant tout de ne pas se copier et d’avoir une concurrence positive. Sur le secteur de l’Accueil, notre direction nous demande d’aller vers des choses originales qui ne se font pas ailleurs pour toujours mieux occuper nos visiteurs : l’été dernier, nous avons mis à disposition des Fat Boys (ndlr : coussins géants) pour permettre une relaxation optimale. Certains de nos concurrents nous ont d’ailleurs demandé où nous avions acheté ces Fat Boys. Après tout cela reste de la concurrence et le but est de rester parmi les meilleurs, même face au Parc Astérix. Nous sommes vraiment gérées comme deux entreprises distinctes, bien que entités de la Compagnie des Alpes. Je ne vous cache pas que chaque mois les chiffres sont scrutés pour savoir s’ils sont devant ou derrière nous (rires).

Comment parvenez-vous à gérer les fortes chaleurs de l’été ?

Nous prenons de nombreuses initiatives pour accueillir les visiteurs dans les meilleures conditions, même durant les fortes chaleurs. Nous installons par exemple de nombreux brumisateurs géants, ombrelles et autres fat-boys un peu partout dans le parc. Nous créons également des spectacles d’extérieurs, à l’image de Fly Jump. Le but est de sortir les visiteurs des files d’attentes, pour les occuper et les rafraichir. Nous avons également fait appel à des « Rocket Men » qui arpentent les allées du parc pour des distributions gratuites de café, de jus d’orange et d’eau toute la journée. Là encore vous avez un exemple d’initiative que vous ne trouverez qu’au Futuroscope. Aucun autre parc ne s’autorise à le faire parce que la plupart de ces parcs ont peur de connaître une chute du panier moyen. Malgré ces services gratuits, nous avons battu les chiffres de recette en restauration, ce qui prouve qu’il n’y a pas d’impact à ce niveau là.

On ne gère plus une file d’attente en 2017 comme on le faisait en 1987

Avez-vous des projets de « files d’attente dématérialisées », à l’image de ce qui se fait à Universal Studios Orlando ou Walt Disney World Resort ?

J’ai moi-même rencontré il y a quelques mois une jeune Startup française qui propose des files d’attente digitalisées. Nous sommes bien évidemment intéressés, mais cela reste tout de même très onéreux et rien n’a été budgeté à ce niveau. La digitalisation reste l’une des priorités du Futuroscope et nous sommes conscients qu’on ne gère plus une file d’attente en 2017 comme on le faisait en 1987. On accueille de plus en plus de monde, avec une estimation de 2 millions pour cette saison 2017, et on ne souhaite pas que la satisfaction baisse de ce fait.

Beaucoup de parcs européens misent beaucoup sur les saisons d’Halloween et de Noël : comptez-vous développer quelque chose lors de ces périodes ?

Nous sommes conscients de l’envie des visiteurs de vivre des expériences spéciales au moment d’Halloween et de Noël. Maintenant, cela implique des investissements conséquents pour des périodes relativement courtes et nous avons d’autres priorités. En 2016, nous avons proposé un Village de Noël et peut être qu’en 2017 on développera cet axe. Mais là encore, on considère que nos visiteurs ne se disent pas forcément qu’ils souhaitent passer Noël au Futuroscope.

Au sujet de l’Extraordinaire Voyage, comment l’idée a-t-elle germé ?

Notre directeur artistique voyage énormément et a pu voir ce qui se faisait en terme de « Flying Theater », notamment aux États-Unis. Les premiers contacts ont été alors noués avec Dynamic Structures (ndlr : entreprise derrière Soarin’) puis nous avons une délégation qui est partie en Chine pour analyser ce qui se faisait, au niveau du film, de la cadence, de la gestion de l’expérience. L’équipe créative était sûre que cette attraction allait marquer les esprits, ne manquait plus qu’à trouver le thème, à savoir le plus grand rêve de l’Homme : voler. Pour l’Extraordinaire Voyage, nous avons également développé pour la première fois de nouveaux costumes dans le thème pour nos opérateurs de l’attraction.

Nous tenons à remercier Cédric Girardin pour sa disponibilité et le temps qu’il nous a consacré, ainsi que Emmanuelle Ouairy du service Presse/Digital, pour avoir rendu possible cette rencontre.

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