Nous vous livrons notre avis détaillé sur les épisodes de « The Imagineering Story », disponible dès à présent sur la plateforme Disney+ !

The Happiest Place On Earth (68m)

Réalisé par Leslie Iwerks / Sortie : 12 novembre 2019


Toutes les belles histoires commencent par « Il Était Une Fois » et celle de Walt Disney Imagineering ne déroge pas à la règle : ce premier épisode pose en effet les bases et le contexte de la genèse du projet Disneyland. Alors que les Studios Disney doivent faire face à des augmentations des coûts de production, Walt Disney décide de construire un lieu où enfants et parents pourraient alors tous s’amuser ensemble. Grand public oblige, l’épisode revient alors sur la fameuse réflexion de Walt Disney, observant ses filles s’amusant dans un carrousel, tout en grignotant des cacahuètes assis sur un banc.
Le documentaire dresse alors un portrait élogieux de l’homme derrière « l’usine à rêves », qui aura fait preuve d’un optimisme incroyable face à tous les obstacles et notamment l’image péjorative des « parcs d’attractions » à l’époque aux États-Unis.

Entre images d’archives, photos et interviews de grands noms de Walt Disney Imagineering (Marty Sklar, Tom Fitzgerald, Tony Baxter, etc..), ce 1er épisode retrace toutes les étapes de conception de Disneyland, et surtout explique comment Walt Disney a su s’entourer d’esprits créatifs pour mener à bien son projet ! Des profils et des visions complètement différents, travaillant tous dans la même direction pour bâtir le rêve d’une vie : « quand un mélange de personnalités hétéroclites forment une belle harmonie ». Bien que le ton de la narration est toujours unanime sur le génie de Walt Disney, certaines entrevues laissent supposer des tensions et même des joutes verbales au sein de l’entreprise. Il faut dire que le défi était de taille : transformer des champs de citronniers et d’orangers dans la banlieue lointaine de Los Angeles en un royaume de l’imaginaire en un temps record. Et surtout, satisfaire les attentes d’un patron impatient et jamais satisfait, cherchant chaque fois à  obtenir « l’insaisissable perfection ». Comment ? En continuant d’innover et d’imaginer, tout en redoublant d’efforts…


Après une rétrospective de l’année de construction durant laquelle les contretemps furent nombreux (intempéries, retards sur le chantier, dépenses multipliées par 3…), « The Imagineering Story » met en lumière la fameuse inauguration de Disneyland, le 17 juillet 1955, celle de la célèbre citation « To All Come to This Happy Place, Welcome! » suivie par près de 83 millions de téléspectateurs dans le monde. En réalité, pour les Cast Members (employés Disney) de l’époque, cette journée restera à jamais comme le « Black Sunday ». Ce jour-là, le rêve de Walt a bien failli se transformer en cauchemar, avec un parc pris d’assaut par des hordes de curieux et des falsifications à tout va de billets d’entrée (qui triplèrent la fréquentation).

Rajoutez à cela des pannes et problématiques techniques à répétitions (fuites au Mark Twain, sauts de fusibles dans Mr. Toad’s Wild Ride) ainsi que des distributeurs vides, et vous obtenez une vision réaliste des débuts de Disneyland. A noter également la célèbre anecdote des critiques de l’époque sur le manque de fontaines à eau à Disneyland (dû à des retards et des grèves de plombiers ayant contraint Walt a opté pour terminer en priorité les toilettes), accusant Walt Disney d’obliger les visiteurs à consommer du Coca-Cola.

Plus globalement, cette production met en lumière la capacité d’une entreprise comme Walt Disney Imagineering à toujours aller de l’avant et à innover et pouvoir être toujours marquant année après année (à l’image des multiples rénovations de Tomorrowland). Parmi les portraits marquants de Légendes Disney, nous retiendrons :
– Bill Evansle chef paysagiste de Disneyland ayant publié des petites annonces dans les journaux locaux pour récupérer les arbres de The Jungle Cruise et ainsi les mélanger aux orangers (en faisant retirer les fruits pour une immersive totale).

– Bob Gurr qui après avoir conçu les voitures d’Autopia a dû redoubler d’effort pour créer le Monorail (le premier en Amérique du Nord) puis le Matterhorn Bobsleds (premières montagnes russes à structure métallique tubulaire), l’obligeant même à apprendre la trigonométrie. D’ailleurs, c’est cette dernière attraction qui nous offre dans cet épisode la véritable séquence émotion ! Lorsque Bob Gurr pénètre dans le « sanctuaire du Matterhorn » et lève le voile sur l’une des légendes les plus connues chez les fans Disney : le terrain de basket du Matterhorn. Là, des centaines de signatures de Cast Members couvrent les murs et Bob Gurr est même invité à (près de 55 ans plus tard) apposer lui aussi sa signature.

Si les plus fins connaisseurs de l’histoire des Parcs Disney n’y verront qu’une simple révision des grandes lignes de la naissance de Disneyland, le grand public appréciera découvrir ces personnages et l’importance de ces derniers dans l’avancée de l’industrie américaine.  Notamment lors de la partie consacrée à l’Exposition Universelle de New-York en 1964, que Walt Disney utilisera comme « laboratoire à ciel ouvert » en proposant des concepts d’attractions financées par des sponsors. Face au succès rencontré, la plupart de ces dernières s’exporteront vite en Californie, devenant par la suite de véritables icônes : « it’s a small world », A Great Moments with Mr. Lincoln, The Carousel of Progress, etc..

La suite de l’épisode est dédiée à un autre projet d’envergure mené par Walt Disney : Pirates of the Caribbean (qu’il ne verra pas de son vivant). Les artistes Claude Coats et Marc Davis ont collaboré pour imaginer et concevoir cette nouvelle aventure, mettant dans un premier temps le sens de l’anticipation humain a rude épreuve (scène calme du bayou). Derrière les dialogues savoureux des pirates, on retrouve Xavier Atencio (scénariste de Winnie l’Ourson et l’Arbre à Miel) ayant imaginé ce script comme une fête où les visiteurs intercepteraient des bribes de conversations.

Les années se suivent et se ressemblent pour l’Empire Disney : sur les 10 premières années, Disneyland attirera plus de 50 millions de visiteurs. Malgré tout, et avec le développement de la concurrence, et des copies plus modestes de certains concepts chez des parcs régionaux, un seul mot d’ordre : rester authentique ! C’est d’ailleurs Walt (encore lui) qui résume la recette en précisant qu’il faut avant tout donner le maximum aux visiteurs, tout faire pour garder le lieu propre et surtout garder le sourire ! Et toujours aller de l’avant, avec des projets toujours plus ambitieux : comme le fameux « Project X » de Walt Disney, ayant acheté un terrain de 11.000 hectares (l’équivalent de San Francisco) en Floride. Selon les dirigeants, un nouveau parc à thèmes n’est pas à l’ordre du jour : « Disney World Project » doit venir proposer une solution au problème d’urbanisme en réimaginant les réseaux de transports et la production d’énergie dans une ville à la limite de l’utopie. Mais ça, c’est une autre histoire…

L’épisode se conclut sur la fin de vie de Walt Disney et l’émotion encore palpable chez la plupart des personnes interrogées, soulignant à l’unisson que sa disparition aura énormément déstabilisée les équipes. Mais en l’honneur de leur regretté patron, ils n’avaient qu’une mission – continuer de créer, imaginer, rêver – puisqu’après tout : Disneyland ne sera jamais achevé tant qu’il restera dans ce monde une parcelle d’imagination !


Découvrir notre avis sur tous les épisodes de The Imagineering Story :

Retour en haut