Dimension Parcs
The Imagineering Story Ep. 2 – What Would Walt Do ?

The Imagineering Story Ep. 2 – What Would Walt Do ?

18 novembre 2019

Nous vous livrons notre avis détaillé sur les épisodes de « The Imagineering Story », disponible dès à présent sur la plateforme Disney+ !

What Would Walt Do ? (62m)

Réalisé par Leslie Iwerks / Sortie : 15 novembre 2019

Ce deuxième épisode est parfaitement résumé par son titre interrogatif, pouvant être traduit en « Que ferait Walt Disney ? ». En effet, ce dernier est dédié à la période compliquée qui a suivi le décès de Walt Disney (ndlr : le 15 décembre 1966). La direction de l’entreprise accusera le coup et sera déboussolée par la perte soudaine de l’iconique leader.

Poids de l’héritage oblige, les créatifs de WED Entreprises se poseront sans arrêt la question « Que ferait Walt Disney ? » plutôt que de vraiment réfléchir à ce qu’ils pouvaient imaginer et créer.

L’épisode montre le rôle clé qu’a eu Roy Disney, frère ainé du regretté dirigeant, avec notamment une prise de parole pour défendre les esprits créatifs devant les financiers en 1967.

C’est ainsi que les Imagineers vont ressortir des cartons un projet cher à Walt Disney : The Haunted Mansion. L’attraction avait d’ailleurs été présentée, quelques années auparavant dans l’émission « The Wonderful World of Disney », mais le développement avait été mis en pause avec les nombreux projets de l’Exposition Universelle de New-York.

Avant de devenir ce qu’elle est aujourd’hui, l’attraction a longtemps cherché son style et son modèle avec de nombreuses versions abandonnées : visite guidée, façade délabrée, musée de l’étrange…

Parmi les nombreux Imagineers ayant travaillé sur The Haunted Mansion, l’épisode s’attarde sur le portrait de 3 Imagineers : Rolly Crump, Yale Gracey (ayant conçu de nombreux effets spéciaux) et Leota Toombs… Un dernier nom qui a bien évidemment inspiré le nom d’un des personnages clés de The Haunted Mansion : Madame Leota !

Certaines illusions et autres tours sont mêmes révélées avec une jolie séquence au milieu de la salle de bal, afin d’expliquer le processus du « Pepper Ghost », toujours utilisé plus de 50 ans plus tard.

Puis, la série-documentaire nous emmène à l’Est des États-Unis pour s’attarder sur un autre projet d’ampleur : Walt Disney World ! Dans un premier temps, le projet d’E.P.C.O.T est mis de côté afin de prendre le moins de risque possible…

Roy Disney prendra alors cette mission très à coeur et commandera le navire contre vents et marées (terrains marécageux, constructions de canaux, digues, lignes téléphoniques…). L’enjeu : permettre à Walt Disney World d’être considéré comme une municipalité autonome, gérant toutes les activités sur son territoire.

Autre innovation de taille : la création d’un immense sous-terrain pour les Cast Members de près de 4 hectares sous le Magic Kingdom. Chaque jour, entre 10.000 et 15.000 employés utilisent ces allées, permettant de rejoindre leur location en costumes sans créer d’incohérence visuelle, ce qui avait le don d’agacer Walt Disney de son vivant. Encore aujourd’hui, ce tunnel sous-terrain continue d’intriguer les consciences collectives !

Un joli focus est également fait sur la filiale « MaPo », dédiée au développement d’audioanimatronics. Cette dernière sera alors fondée grâce aux bénéfices de Mary Poppins (expliquant ainsi son nom original) et aura un seul but : rendre toujours plus immersives les expériences des attractions !

Et si sur les 23 attractions de Walt Disney World à son ouverture on retrouve beaucoup de concepts importés de Californie, MaPo aura une importance toute particulière pour l’une des attractions inédites : Hall of Presidents. Il faudra alors ici animer non pas un Président (comme avec A Great Moments with Mr. Lincoln) mais bien 36 figures présidentielles, que Blaine Gibson réalisera en un temps record.

Le reportage revient ensuite sur l’ouverture de Walt Disney World, le 1er octobre 1971, qui restera comme un échec d’affluence : seulement 10.000 visiteurs viennent découvrir les 12.000 hectares de divertissement. Le début de la fin pour les Parcs Disney ? Il n’en est rien ! En réalité, les visiteurs ont eu tout simplement peur de l’affluence et des foules, et ont préféré décaler leur visite ultérieurement (ndlr: un peu comme ce qu’on constate aujourd’hui pour Star Wars: Galaxy’s Edge!).

Après s’être battu et avoir réussi à accomplir la promesse qu’il avait faite à son frère, Roy Disney décède quelques mois après l’ouverture du complexe.

S’ouvre alors une nouvelle ère pour l’entreprise : la première sous la direction de membres extérieurs à la famille Disney : Donn Tatum (un financier, petit protégé de Roy) et Card Walker (un des disciples de Walt, ayant commencé au service courrier).

Côté WED Entreprises, c’est John Hench qui prend les rênes créatifs et se met à la recherche de nouvelles idées.

Et sa première idée sera de développer un axe laissé de côté : les sensations fortes, où la concurrence fait rage (Knott’s Berry Farm, et Six Flags Magic Mountain). Walt en rêvait, John Hench l’a réalisé : le 1er grand huit indoor dédié à l’espace avec Space Mountain, qui ouvre ses portes en 1975.

WED Entreprises repart de l’avant et c’est naturellement que Card Walker relance un projet à l’optimisme ravageur dans un contexte délicat des années 70 (guerre du Vietnam, affaire du Watergate, crise pétrolière) : E.P.C.O.T !

Le projet communautaire est donc transformé en parc à thèmes, mais se veut instructif plus que divertissant. Marty Sklar, ayant commencé par rédiger des brèves dans la gazette de Main Street U.S.A. rédige alors le « Blue Book » expliquant la philosophie de l’Experimental Prototype Community Of Tomorrow.

La série met l’accent sur le caractère si particulier de ce nouveau parc, le premier sans un célèbre château. Les Imagineers ont alors mis tous leurs efforts pour concevoir un mix entre une exposition internationale (World Showcase) et une foire commerciale et technologique (Future World).

Le pari sera plutôt réussi avec des Pavillons permettant à Disney de montrer l’exemple en proposant ses propres alternatives vertes (toits de Hyacinthes servant de système de filtrage des égouts, centrale énergétique auto-sufffisante…).

L’épisode n’oublie pas d’évoquer à juste titre l’icône centrale d’EPCOT : Spaceship Earth, qui a nécessité plus de 26 mois de construction. L’attraction, pensée par Ray Bradbury comme une sorte de machine à remonter le temps, retracera alors l’évolution et l’histoire des moyens de communication.

Les plus cinéphiles apprécieront les explications et le focus fait sur les nombreux procédés cinématographiques utilisés à EPCOT : le Circarama, sorte de version améliorée du célèbre Cinérama (crée en 1952 au Pantages Theatre), puis la Circle-Vision, composée de 9 caméras 35 mm. Aujourd’hui encore, des productions Circle-Vision continuent de divertir chaque jour des milliers de visiteurs.

Si EPCOT propose de véritables innovations et offre un accès aux nouvelles technologies (écrans tactiles robots interactifs, fibre optique…), il n’oublie pas non plus une valeur importante propre à Walt Disney : l’Imagination, possédant son propre Pavillon et incarné par l’une des mascottes du Parc, Figment.

Après avoir traité du premier parc en dehors de la Californie, puis du premier parc sans château; l’épisode nous fait voyager en Asie pour la mise en développement du premier Parc Disney à l’étranger : Tokyo Disneyland !

Derrière ce projet fou : l’Oriental Land Company et l’homme d’affaires nippon Masatomo Takahashi. Et tout commence par un coup de téléphone, où pour décourager les japonais, les américains leur imposera de tout financer. Résultat : contre toute-attente, OLC acceptera et demandera à WED Entreprises son expertise ainsi que l’utilisation des propriétés intellectuelles.

Il faut dire que depuis la 2nde Guerre Mondiale, et une partie du territoire occupée par les américains, les Japonais se sont pris d’intérêt pour les films et l’univers Disney.

C’est ainsi qu’ouvre le 15 avril 1983 une copie quasi-conforme des Parcs Disney américains, summum de l’occidentalité recherchée. Les visiteurs découvrent alors un tunnel vers l’imaginaire (représenté par la zone « World Bazaar ») et une parenthèse légère dans une société où le monde du travail règne en maitre. Des débuts couronnés de succès avec une première année accueillant plus de 10 millions de visiteurs !

Quelle serait la prochaine étape pour WED Entreprises ? Continuer sur sa lancée ? Ouvrir immédiatement de nouveaux parcs ?

Au lieu de ça, les années qui vont suivre seront relativement difficiles, puisque Card Walker prendra sa retraite et laissera sa place à Ron Miller, beau-fils de Walt. Ce dernier préfèrera relancer le marché télévisuel (développement de Disney Channel) et mettra un coup d’arrêt aux projets de Parcs à Thèmes, jugeant que cette industrie dépense plus qu’elle ne rapporte.

L’épisode se conclut sur les risques éventuels d’une fermeture de Walt Disney Imagineering, qui dépendra du futur successeur à la tête de la maison mère…

Ce deuxième opus poursuit donc la formidable narration entamée, bien qu’un peu moins fort en émotions et en Légendes Disney.


Découvrir notre avis sur tous les épisodes de The Imagineering Story :