Nous vous livrons notre avis détaillé sur les épisodes de « The Imagineering Story », disponible dès à présent sur la plateforme Disney+ !

To Infinity and Beyond (65mn)

Réalisé par Leslie Iwerks / Sortie : 13 décembre 2019

L’épisode débute en 2013 avec les premiers travaux de terrassement de ce qui deviendra Shanghai Disneyland. Un vaste chantier avec un paysage plat à perte de vue mais qui n’empêche pas les Imagineers face caméra de partager leur enthousiasme en indiquant rêveurs les futures icônes du Parc. Un investissement initial de 3,7 milliards de dollars est mis sur la table afin de séduire un public qui ne connait que peu ou prou la marque américaine. La difficulté est ainsi de mélanger l’héritage Disney aux traditions chinoises : « Authentically Disney, Distinctly Chinese« . Un leitmotiv maintes fois répété par Bob Iger et qui guidera le projet de son annonce à son ouverture. Outre la volonté de plaire au public local, le documentaire met en lumière la difficulté d’adaptation dans la collaboration avec les ouvriers chinois qui n’ont pas les standards développés par Imagineering sur plus de 60 ans.

Pour relever ces challenges, exit Frontierland et Main Street U.S.A, place à Mickey Avenue et un Adventureland réinventé en 2 parties : Adventure Isle et Treasure Cove. Ce dernier pose ses bases sur la franchise qui a rendu célèbre le Capitaine Jack Sparrow en proposant une version moderne de l’attraction qui a fait la renommée de Disneyland à travers le monde. Bob Weis, en charge du projet, raconte alors avoir embarquer un public chinois sur Pirates des Caraïbes. N’ayant pas grandi avec, aucune nostalgie ne les a envahi au point de trouver le parcours mou. Un constat qui pousse les équipes à réinventer l’univers en mettant au point un tout nouveau Ride System. En lieu et place des bateaux sur chaîne, l’équipe R&D développe des embarcations guidés via aimants magnétiques. Une innovation majeure qui permet des mouvements inédits collant davantage à l’ambitieuse storyline proposée pour Pirates of the Caribbean : Battle for the Sunken Treasure.

Le spectateur ne pourra qu’être comblé devant ces 25 premières minutes car si le fan a pu suivre l’évolution du projet à travers les photos aériennes tout du long du chantier, c’est une véritable plongée dans les rouages d’un projet titanesque qui s’offre à nos yeux avec des images 100% inédites. Il en ressort une dévotion sans faille de la part des ouvriers et concepteurs afin de livrer le plus ambitieux de tous les Magic Kingdom. 20 ans de préparation et au final 5,5 milliards de dollars auront été nécessaires au final pour voir s’élever l’Enchanted Storybook Castle aux côtés des buildings les plus hauts du monde. 11 millions de visiteurs passeront les portes de ce royaume enchanté la première année. Un pari réussi.

Alors que l’Imagineering est en ébullition en Asie, les US ne sont pas en reste avec la volonté d’intégrer 2 franchises au succès colossal dans leurs parcs de façon inédite : Avatar et Star Wars. Après 6 années passées à superviser le parc chinois, Bob Weis se voit nommé Président de Walt Disney Imagineering avec pour mission de mener à terme ces 2 expansions déjà bien entamées.

L’interview de Joe Rohde en charge de la création de Pandora – The World of Avatar est intéressante à plus d’un titre. Elle révèle à quel point de prime abord le projet d’adapter Avatar dans un Parc à Thèmes s’annonçait complexe et peu excitante. Mais une fois l’axe et la direction trouvée, le créatif parvient à se surpasser et à mettre sa passion comme élément de motivation. Une caractéristique que l’on retrouve chez James Cameron, le réalisateur du blockbuster et qui a vu en Joe Rohde le collaborateur parfait pour retranscrire son langage visuel et émotionnel. 12 mois auront été nécessaires pour définir la structure des montagnes flottantes, élément visuel crucial pour l’immersion des visiteurs. Une prouesse que celle que de cacher les supports grâce à de fausses lianes faisant ainsi de l’oeuvre un véritable trompe-l’œil grandeur nature.

La bioluminescence est aussi un composant clé de l’univers du film qui se devait d’être représenté dans le land. Pour se faire, des dizaines de plantes artificielles ont été crées toutes reliées à une console centrale qui une fois la nuit tombée synchronise les différents éclairages. Un biome qui se trouve au cœur de l’attraction Na’vi River Journey. C’est dans cette dernière que l’on y trouve la Shaman en pleine incantation. Pour parvenir à des mouvements réalistes, les imagineers exploitent une nouvelle technique d’animation ainsi que 42 moteurs électriques. Le parallèle fait avec l’animatronique Lincoln de 1964 est alors saisissant. Dans le même temps, les équipes s’affairent sur Flight of Passage. Le documentaire dévoile son mécanisme ingénieux à travers les sessions de mise au point qui ont permis de trouver un juste compromis entre sensation et onirique.

Pendant ce temps en Californie, Guardians of the Galaxy: Mission Breakout! suscite la colère auprès des fans de La Tour de la Terreur dès son annonce. Joe Rohde se retrouve une nouvelle fois chargé d’un défi. Il décide de modifier l’atmosphère générale permettant ainsi un passage de la peur au comique et à l’insolence pour coller davantage à la franchise Marvel. Chris Pratt, Zoe Saldana et le reste du casting est rappelé afin d’être filmés par 7 caméras placée sur une rampe verticale, ceci permettant de faire correspondre la perspective au mouvement physique de l’ascenseur. Le résultat est un nouveau succès pour les Imagineers malgré la défiance initiale.

La série se termine avec bien entendu le projet qui aura fait couler beaucoup d’encre ces dernières années. Scott Trowbridge se souvient encore de l’excitation mêlée à la peur qui a envahi les équipes quand il a été question de se réapproprier Star Wars à une toute autre échelle que le Star Tours actuel. Une ambition démesurée qui doit mener à l’ouverture concomitante de la plus grande expansion jamais crée en Californie et en Floride. Les recherches débutent avec de nombreuses explorations, des questionnements (quels films choisir?), des doutes avant d’acter la création d’un lieu inédit permettant aux visiteurs de se détacher des souvenirs et des attentes propres à chacun et de favoriser la découverte. Fruit de la collaboration avec Lucasfilm, Batuu était né et se démarque dans la galaxie par ses arbres pétrifiés qui jonchent la planète. Concernant les accessoires, les équipes s’attellent à dénicher des pièces détachées dans des casses aéronautiques, marchés aux puces et aussi surprenant soit-il dans les réserves du Ministère de la Défense !

2 attractions voient ainsi le jour : Millenum Falcon Smuggler’s Run propose d’embarquer à bord de l’iconique vaisseau grâce à une technologie de pointe mais qui a nécessité de nombreux ajustements donnant par là-même quelques sueurs froides aux concepteurs. Mais ce n’est rien à côté du défi qui attendait les Imagineers sur Rise of the Resistance. Avec une durée de 15 minutes, il s’agit de l’attraction la plus complexe jamais crée. Parcours trackless, décors, Audio-Animatroniques derniers cris et effets multimédias composent les 18 scènes de l’attraction. Un travail acharné qui sera récompensé par l’image d’un George Lucas himself visiblement très fier lors de la cérémonie d’ouverture.

Comme le disait les Frères Sherman, There’s a Great Big Beautiful Tomorrow… La série développe ainsi les perspectives à venir avec les incroyables Stuntronics, ces robots cascadeurs amenés à peupler les Avengers Campus. Dans ces dernières secondes, elle parvient au delà de ça à remettre en avant une dernière fois ce questionnement perpétuel qui fait que les parcs continuent d’évoluer entre tradition et innovation.

The Imagineering Story est à n’en pas douter la meilleure production sur le sujet des Parcs Disney voir des Parcs à Thèmes tout simplement. Avec une narration fluide qui fait résonner la voix de Walt Disney à travers les époques, Leslie Iwerks parvient à nous transmettre les valeurs qui ont guidé ces générations de designers, sculpteurs, techniciens, maquettistes, artistes. Si le documentaire omet quelques passages (Le New Fantasyland de Floride, Toontown) et aurait pu encore durer le temps de 2 épisodes supplémentaires, il faut rappeler toutefois que le projet devait être simplement un film de 90mn. C’est ainsi 6 heures d’images d’archives et d’interviews passionnantes qui se déroulent devant les yeux des spectateurs. Ces derniers ne s’y sont d’ailleurs pas trompés et ont offert à la série l’accueil qu’elle méritait avec notamment un score de 100% sur Rotten Tomatoes. À voir et à revoir sans modération sur Disney+.


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