Ce mardi 12 novembre, l’industrie des plateformes de SVOD a été complètement chamboulée avec les grands débuts d’un mastodonte du divertissement : Disney+. Inutile de rappeler que la plateforme propose à ses abonnés des milliers d’heures de contenus issues des catalogues Disney, Pixar, Marvel, Star Wars ou encore National Geographic. Parmi cette abondance de programmes aussi riches que variés, les fans de Parcs à Thèmes pourront se réjouir de découvrir une série-documentaire exclusive : The Imagineering Story. Réalisée par Leslie Iwerks (The Pixar Story), cette mini-série retrace en 6 épisodes l’Histoire et les histoires des Parcs Disney ainsi que de leur fameuse entité créative « Walt Disney Imagineering ». Un véritable hommage aux personnes (les Imagineers : contraction de « Imagination » et « engineers ») qui ont imaginé, dessiné, pensé, crée et construit ces lieux si particuliers où la magie prend vie, à commencer par l’homme par qui tout a commencé : Walt Disney !

Nous vous livrons notre avis sur les épisodes de « The Imagineering Story », de quoi vous donner envie avant le lancement officielle de la plateforme en France, le 31 mars 2020.

The Happiest Place On Earth (68m)

Réalisé par Leslie Iwerks / Sortie : 12 novembre 2019


Toutes les belles histoires commencent par « Il Était Une Fois » et celle de Walt Disney Imagineering ne déroge pas à la règle : ce premier épisode pose en effet les bases et le contexte de la genèse du projet Disneyland. Alors que les Studios Disney doivent faire face à des augmentations des coûts de production, Walt Disney décide de construire un lieu où enfants et parents pourraient alors tous s’amuser ensemble. Grand public oblige, l’épisode revient alors sur la fameuse réflexion de Walt Disney, observant ses filles s’amusant dans un carrousel, tout en grignotant des cacahuètes assis sur un banc.
Le documentaire dresse alors un portrait élogieux de l’homme derrière « l’usine à rêves », qui aura fait preuve d’un optimisme incroyable face à tous les obstacles et notamment l’image péjorative des « parcs d’attractions » à l’époque aux États-Unis.

Entre images d’archives, photos et interviews de grands noms de Walt Disney Imagineering (Marty Sklar, Tom Fitzgerald, Tony Baxter, etc..), ce 1er épisode retrace toutes les étapes de conception de Disneyland, et surtout explique comment Walt Disney a su s’entourer d’esprits créatifs pour mener à bien son projet ! Des profils et des visions complètement différents, travaillant tous dans la même direction pour bâtir le rêve d’une vie : « quand un mélange de personnalités hétéroclites forment une belle harmonie ». Bien que le ton de la narration est toujours unanime sur le génie de Walt Disney, certaines entrevues laissent supposer des tensions et même des joutes verbales au sein de l’entreprise. Il faut dire que le défi était de taille : transformer des champs de citronniers et d’orangers dans la banlieue lointaine de Los Angeles en un royaume de l’imaginaire en un temps record. Et surtout, satisfaire les attentes d’un patron impatient et jamais satisfait, cherchant chaque fois à  obtenir « l’insaisissable perfection ». Comment ? En continuant d’innover et d’imaginer, tout en redoublant d’efforts…


Après une rétrospective de l’année de construction durant laquelle les contretemps furent nombreux (intempéries, retards sur le chantier, dépenses multipliées par 3…), « The Imagineering Story » met en lumière la fameuse inauguration de Disneyland, le 17 juillet 1955, celle de la célèbre citation « To All Come to This Happy Place, Welcome! » suivie par près de 83 millions de téléspectateurs dans le monde. En réalité, pour les Cast Members (employés Disney) de l’époque, cette journée restera à jamais comme le « Black Sunday ». Ce jour-là, le rêve de Walt a bien failli se transformer en cauchemar, avec un parc pris d’assaut par des hordes de curieux et des falsifications à tout va de billets d’entrée (qui triplèrent la fréquentation).

Rajoutez à cela des pannes et problématiques techniques à répétitions (fuites au Mark Twain, sauts de fusibles dans Mr. Toad’s Wild Ride) ainsi que des distributeurs vides, et vous obtenez une vision réaliste des débuts de Disneyland. A noter également la célèbre anecdote des critiques de l’époque sur le manque de fontaines à eau à Disneyland (dû à des retards et des grèves de plombiers ayant contraint Walt a opté pour terminer en priorité les toilettes), accusant Walt Disney d’obliger les visiteurs à consommer du Coca-Cola.

Plus globalement, cette production met en lumière la capacité d’une entreprise comme Walt Disney Imagineering à toujours aller de l’avant et à innover et pouvoir être toujours marquant année après année (à l’image des multiples rénovations de Tomorrowland). Parmi les portraits marquants de Légendes Disney, nous retiendrons :
Bill Evans, le chef paysagiste de Disneyland ayant publié des petites annonces dans les journaux locaux pour récupérer les arbres de The Jungle Cruise et ainsi les mélanger aux orangers (en faisant retirer les fruits pour une immersive totale).

Bob Gurr qui après avoir conçu les voitures d’Autopia a dû redoubler d’effort pour créer le Monorail (le premier en Amérique du Nord) puis le Matterhorn Bobsleds (premières montagnes russes à structure métallique tubulaire), l’obligeant même à apprendre la trigonométrie. D’ailleurs, c’est cette dernière attraction qui nous offre dans cet épisode la véritable séquence émotion ! Lorsque Bob Gurr pénètre dans le « sanctuaire du Matterhorn » et lève le voile sur l’une des légendes les plus connues chez les fans Disney : le terrain de basket du Matterhorn. Là, des centaines de signatures de Cast Members couvrent les murs et Bob Gurr est même invité à (près de 55 ans plus tard) apposer lui aussi sa signature.

Si les plus fins connaisseurs de l’histoire des Parcs Disney n’y verront qu’une simple révision des grandes lignes de la naissance de Disneyland, le grand public appréciera découvrir ces personnages et l’importance de ces derniers dans l’avancée de l’industrie américaine.  Notamment lors de la partie consacrée à l’Exposition Universelle de New-York en 1964, que Walt Disney utilisera comme « laboratoire à ciel ouvert » en proposant des concepts d’attractions financées par des sponsors. Face au succès rencontré, la plupart de ces dernières s’exporteront vite en Californie, devenant par la suite de véritables icônes : « it’s a small world », A Great Moments with Mr. Lincoln, The Carousel of Progress, etc..

La suite de l’épisode est dédiée à un autre projet d’envergure mené par Walt Disney : Pirates of the Caribbean (qu’il ne verra pas de son vivant). Les artistes Claude Coats et Marc Davis ont collaboré pour imaginer et concevoir cette nouvelle aventure, mettant dans un premier temps le sens de l’anticipation humain a rude épreuve (scène calme du bayou). Derrière les dialogues savoureux des pirates, on retrouve Xavier Atencio (scénariste de Winnie l’Ourson et l’Arbre à Miel) ayant imaginé ce script comme une fête où les visiteurs intercepteraient des bribes de conversations.

Les années se suivent et se ressemblent pour l’Empire Disney : sur les 10 premières années, Disneyland attirera plus de 50 millions de visiteurs. Malgré tout, et avec le développement de la concurrence, et des copies plus modestes de certains concepts chez des parcs régionaux, un seul mot d’ordre : rester authentique ! C’est d’ailleurs Walt (encore lui) qui résume la recette en précisant qu’il faut avant tout donner le maximum aux visiteurs, tout faire pour garder le lieu propre et surtout garder le sourire ! Et toujours aller de l’avant, avec des projets toujours plus ambitieux : comme le fameux « Project X » de Walt Disney, ayant acheté un terrain de 11.000 hectares (l’équivalent de San Francisco) en Floride. Selon les dirigeants, un nouveau parc à thèmes n’est pas à l’ordre du jour : « Disney World Project » doit venir proposer une solution au problème d’urbanisme en réimaginant les réseaux de transports et la production d’énergie dans une ville à la limite de l’utopie. Mais ça, c’est une autre histoire…

L’épisode se conclut sur la fin de vie de Walt Disney et l’émotion encore palpable chez la plupart des personnes interrogées, soulignant à l’unisson que sa disparition aura énormément déstabilisée les équipes. Mais en l’honneur de leur regretté patron, ils n’avaient qu’une mission – continuer de créer, imaginer, rêver – puisqu’après tout : Disneyland ne sera jamais achevé tant qu’il restera dans ce monde une parcelle d’imagination !


What Would Walt Do ? (62m)

Réalisé par Leslie Iwerks / Sortie : 15 novembre 2019

Ce deuxième épisode est parfaitement résumé par son titre interrogatif, pouvant être traduit en « Que ferait Walt Disney ? ». En effet, ce dernier est dédié à la période compliquée qui a suivi le décès de Walt Disney (ndlr : le 15 décembre 1966). La direction de l’entreprise accusera le coup et sera déboussolée par la perte soudaine de l’iconique leader.

Poids de l’héritage oblige, les créatifs de WED Entreprises se poseront sans arrêt la question « Que ferait Walt Disney ? » plutôt que de vraiment réfléchir à ce qu’ils pouvaient imaginer et créer.

L’épisode montre le rôle clé qu’a eu Roy Disney, frère ainé du regretté dirigeant, avec notamment une prise de parole pour défendre les esprits créatifs devant les financiers en 1967.

C’est ainsi que les Imagineers vont ressortir des cartons un projet cher à Walt Disney : The Haunted Mansion. L’attraction avait d’ailleurs été présentée, quelques années auparavant dans l’émission « The Wonderful World of Disney », mais le développement avait été mis en pause avec les nombreux projets de l’Exposition Universelle de New-York.

Avant de devenir ce qu’elle est aujourd’hui, l’attraction a longtemps cherché son style et son modèle avec de nombreuses versions abandonnées : visite guidée, façade délabrée, musée de l’étrange…

Parmi les nombreux Imagineers ayant travaillé sur The Haunted Mansion, l’épisode s’attarde sur le portrait de 3 Imagineers : Rolly Crump, Yale Gracey (ayant conçu de nombreux effets spéciaux) et Leota Toombs… Un dernier nom qui a bien évidemment inspiré le nom d’un des personnages clés de The Haunted Mansion : Madame Leota !

Certaines illusions et autres tours sont mêmes révélées avec une jolie séquence au milieu de la salle de bal, afin d’expliquer le processus du « Pepper Ghost », toujours utilisé plus de 50 ans plus tard.

Puis, la série-documentaire nous emmène à l’Est des États-Unis pour s’attarder sur un autre projet d’ampleur : Walt Disney World ! Dans un premier temps, le projet d’E.P.C.O.T est mis de côté afin de prendre le moins de risque possible…

Roy Disney prendra alors cette mission très à coeur et commandera le navire contre vents et marées (terrains marécageux, constructions de canaux, digues, lignes téléphoniques…). L’enjeu : permettre à Walt Disney World d’être considéré comme une municipalité autonome, gérant toutes les activités sur son territoire.

Autre innovation de taille : la création d’un immense sous-terrain pour les Cast Members de près de 4 hectares sous le Magic Kingdom. Chaque jour, entre 10.000 et 15.000 employés utilisent ces allées, permettant de rejoindre leur location en costumes sans créer d’incohérence visuelle, ce qui avait le don d’agacer Walt Disney de son vivant. Encore aujourd’hui, ce tunnel sous-terrain continue d’intriguer les consciences collectives !

Un joli focus est également fait sur la filiale « MaPo », dédiée au développement d’audioanimatronics. Cette dernière sera alors fondée grâce aux bénéfices de Mary Poppins (expliquant ainsi son nom original) et aura un seul but : rendre toujours plus immersives les expériences des attractions !

Et si sur les 23 attractions de Walt Disney World à son ouverture on retrouve beaucoup de concepts importés de Californie, MaPo aura une importance toute particulière pour l’une des attractions inédites : Hall of Presidents. Il faudra alors ici animer non pas un Président (comme avec A Great Moments with Mr. Lincoln) mais bien 36 figures présidentielles, que Blaine Gibson réalisera en un temps record.

Le reportage revient ensuite sur l’ouverture de Walt Disney World, le 1er octobre 1971, qui restera comme un échec d’affluence : seulement 10.000 visiteurs viennent découvrir les 12.000 hectares de divertissement. Le début de la fin pour les Parcs Disney ? Il n’en est rien ! En réalité, les visiteurs ont eu tout simplement peur de l’affluence et des foules, et ont préféré décaler leur visite ultérieurement (ndlr: un peu comme ce qu’on constate aujourd’hui pour Star Wars: Galaxy’s Edge!).

Après s’être battu et avoir réussi à accomplir la promesse qu’il avait faite à son frère, Roy Disney décède quelques mois après l’ouverture du complexe.

S’ouvre alors une nouvelle ère pour l’entreprise : la première sous la direction de membres extérieurs à la famille Disney : Donn Tatum (un financier, petit protégé de Roy) et Card Walker (un des disciples de Walt, ayant commencé au service courrier).

Côté WED Entreprises, c’est John Hench qui prend les rênes créatifs et se met à la recherche de nouvelles idées.

Et sa première idée sera de développer un axe laissé de côté : les sensations fortes, où la concurrence fait rage (Knott’s Berry Farm, et Six Flags Magic Mountain). Walt en rêvait, John Hench l’a réalisé : le 1er grand huit indoor dédié à l’espace avec Space Mountain, qui ouvre ses portes en 1975.

WED Entreprises repart de l’avant et c’est naturellement que Card Walker relance un projet à l’optimisme ravageur dans un contexte délicat des années 70 (guerre du Vietnam, affaire du Watergate, crise pétrolière) : E.P.C.O.T !

Le projet communautaire est donc transformé en parc à thèmes, mais se veut instructif plus que divertissant. Marty Sklar, ayant commencé par rédiger des brèves dans la gazette de Main Street U.S.A. rédige alors le « Blue Book » expliquant la philosophie de l’Experimental Prototype Community Of Tomorrow.

La série met l’accent sur le caractère si particulier de ce nouveau parc, le premier sans un célèbre château. Les Imagineers ont alors mis tous leurs efforts pour concevoir un mix entre une exposition internationale (World Showcase) et une foire commerciale et technologique (Future World).

Le pari sera plutôt réussi avec des Pavillons permettant à Disney de montrer l’exemple en proposant ses propres alternatives vertes (toits de Hyacinthes servant de système de filtrage des égouts, centrale énergétique auto-sufffisante…).

L’épisode n’oublie pas d’évoquer à juste titre l’icône centrale d’EPCOT : Spaceship Earth, qui a nécessité plus de 26 mois de construction. L’attraction, pensée par Ray Bradbury comme une sorte de machine à remonter le temps, retracera alors l’évolution et l’histoire des moyens de communication.

Les plus cinéphiles apprécieront les explications et le focus fait sur les nombreux procédés cinématographiques utilisés à EPCOT : le Circarama, sorte de version améliorée du célèbre Cinérama (crée en 1952 au Pantages Theatre), puis la Circle-Vision, composée de 9 caméras 35 mm. Aujourd’hui encore, des productions Circle-Vision continuent de divertir chaque jour des milliers de visiteurs.

Si EPCOT propose de véritables innovations et offre un accès aux nouvelles technologies (écrans tactiles robots interactifs, fibre optique…), il n’oublie pas non plus une valeur importante propre à Walt Disney : l’Imagination, possédant son propre Pavillon et incarné par l’une des mascottes du Parc, Figment.

Après avoir traité du premier parc en dehors de la Californie, puis du premier parc sans château; l’épisode nous fait voyager en Asie pour la mise en développement du premier Parc Disney à l’étranger : Tokyo Disneyland !

Derrière ce projet fou : l’Oriental Land Company et l’homme d’affaires nippon Masatomo Takahashi. Et tout commence par un coup de téléphone, où pour décourager les japonais, les américains leur imposera de tout financer. Résultat : contre toute-attente, OLC acceptera et demandera à WED Entreprises son expertise ainsi que l’utilisation des propriétés intellectuelles.

Il faut dire que depuis la 2nde Guerre Mondiale, et une partie du territoire occupée par les américains, les Japonais se sont pris d’intérêt pour les films et l’univers Disney.

C’est ainsi qu’ouvre le 15 avril 1983 une copie quasi-conforme des Parcs Disney américains, summum de l’occidentalité recherchée. Les visiteurs découvrent alors un tunnel vers l’imaginaire (représenté par la zone « World Bazaar ») et une parenthèse légère dans une société où le monde du travail règne en maitre. Des débuts couronnés de succès avec une première année accueillant plus de 10 millions de visiteurs !

Quelle serait la prochaine étape pour WED Entreprises ? Continuer sur sa lancée ? Ouvrir immédiatement de nouveaux parcs ?

Au lieu de ça, les années qui vont suivre seront relativement difficiles, puisque Card Walker prendra sa retraite et laissera sa place à Ron Miller, beau-fils de Walt. Ce dernier préfèrera relancer le marché télévisuel (développement de Disney Channel) et mettra un coup d’arrêt aux projets de Parcs à Thèmes, jugeant que cette industrie dépense plus qu’elle ne rapporte.

L’épisode se conclut sur les risques éventuels d’une fermeture de Walt Disney Imagineering, qui dépendra du futur successeur à la tête de la maison mère…

Ce deuxième opus poursuit donc la formidable narration entamée, bien qu’un peu moins fort en émotions et en Légendes Disney.


The Midas Touch (60mn)

Réalisé par Leslie Iwerks / Sortie : 22 novembre 2019

Alors que le cliffhanger du dernier épisode laissait transparaître le peu d’espoir qui régnait au sein des Imagineers, le suspense sera de courte durée. La nomination de Michael Eisner et Frank Wells à la tête de Disney change la donne et entame la voie du renouveau et de l’expansion. Malgré leur inexpérience dans le domaine des Parcs à Thèmes, ils voient très vite leur potentiel. L’heure est venue de s’affranchir du « What Walt would do? » et de suivre leur propre instinct.

La création de Star Tours sera l’une des premières conséquences de cette nouvelle direction avec pour la première fois une attraction basée sur une franchise non Disney à l’époque. L’épisode offre ainsi un aperçu des séances d’enregistrement d’Anthony Daniels pour la file d’attente, de l’installation des Starspeeders et de la cérémonie d’ouverture couronné de succès et pour cause Disneyland est resté ouvert 60 heures d’affilée pour répondre à la demande !

Pour incarner ce nouvel élan créatif, WED devient officiellement Walt Disney Imagineering. La série documentaire se concentre ensuite sur la naissance des Disney’s Hollywood Studios d’Orlando dont l’idée remonte à Walt lui-même qui en esquissant Disneyland souhaiter donner un aperçu en coulisses de ses studios.

Au même moment en Californie ouvre Splash Mountain, nouvelle attraction culte issu de l’esprit fertile de Tony Baxter. Si la réutilisation des animatroniques du spectacle America Sings est une anecdote connue, on retiendra davantage le fait que les embarcations ont dû être revues et corrigées. En effet, lors des premiers tests celles-ci ressortaient remplies d’eau ! Un contretemps qui reportera l’ouverture de 9 mois mais qui coïncidera pour finir avec le 34ème anniversaire du parc.

Si tout ce que Michael Eisner touche à l’époque se transforme en or (« The Midas Touch »), il s’apprête à vivre son premier revers d’envergure avec le chapitre qui intéressera sans aucun doute le plus les fans européens. La création de Disneyland Paris est au cœur même de ce 3ème épisode.  L’objectif est ambitieux : créer le plus beau des Parcs à Thèmes sur les terres mêmes qui ont vu naître les contes et légendes populaires il y a de cela des siècles. Pour rendre hommage à la culture européenne, tout est pensé dans le moindre détail. Les attractions iconiques qui ont fait le succès des Parcs Disney se voient élevées à leur sommet. La série se concentre ainsi sur Big Thunder Mountain et Space Moutain qui surpassent en tous points leurs aînés. Mais tous ces efforts pour plaire ne suffiront pas aux yeux des critiques et d’une partie du public français qui rejette l’arrivée de la souris américaine sur leurs terres. La réalisatrice Leslie Iwerks sait ainsi montrer les revers des Imagineers avec justesse. L’interview de Michael Eisner à ce sujet est d’autant plus marquante qu’il lâche « Nous avons fait une erreur, celle de penser qu’un visiteur français payerait le même prix qu’un visiteur en Floride. On a construit trop de chambres d’hôtels et dépenser trop d’argent. »

Tandis que les problèmes financiers touchent Disneyland Paris, les parcs américains se portent très bien et continuent de s’étendre. L’épisode se referme ainsi en dévoilant les coulisses de 2 attractions devenues iconiques : La Tour de la Terreur et Indiana Jones Adventure. Mais les prouesses technologiques de ces nouveaux rides sont bien vite éclipsés par un drame qui bouleversera la compagnie et changera son destin pour les 10 années qui suivront. Frank Wells, le partenaire de Michael Eisner, décède dans un crash d’hélicoptère. Désormais seul aux commandes de la compagnie, c’est une nouvelle ère qui débute pour l’entreprise et avec elle pour ses Imagineers qui devront faire face davantage aux pressions financières qu’artistiques…


Hit OR Miss (61mn)

Réalisé par Leslie Iwerks / Sortie : 29 novembre 2019

Encore une fois, le titre de l’épisode résume à merveille son contenu, puisque l’épisode 4 explore une ère ayant soufflé le chaud et le froid au sein de Walt Disney Imagineering.

En début d’épisode, Joe Rohde théorise les clés du succès d’un projet comme un phénomène difficilement mesurable et ne tenant qu’à très peu de choses. Chaque choix pris peut décevoir, mais une chose est sûre : le dernier mot revient toujours au public !

L’année 1994 apparaît comme une année charnière, et particulièrement difficile : alors qu’Euro Disneyland continue d’aligner les chiffres déficitaires, The Walt Disney Company perd subitement Franck Wells, son directeur des opérations et véritable stratège. Pour ne rien arranger : Michael Eisner subit une opération à la suite d’une crise cardiaque, très certainement lié à un surmenage professionnel et au stress permanent. 

Différents hommes d’affaires reprennent la main sur les opérations et les Imagineers vont alors être missionnés de concevoir différents nouveaux projets de divertissement (Disney Quests, ESPNZone) ou immobiliers. Par exemples : réinventer le studio d’ABC (fraichement racheté pour 19 milliards de dollars) sur Times Square, ou encore rénover le stade de l’équipe de base-ball « Anaheims Angels ».

Les créatifs trouvent leur exode dans un nouveau projet ambitieux : le lancement de la « Disney Cruise Line ». Un concours public est lancé pour trouver le design unique du bateau, mais parmi les 40 projets reçus, aucun ne trouve grâce aux yeux d’Eisner (les qualifiant même « d’affreux »).

Au final, le travail de Njål Eide, pointure dans l’industrie navale, sera retenu par Wing Chao (en charge du projet chez Walt Disney Imagineering) et les bâteaux Disney Magic et Disney Wonder auront donc des inspirations « romantisme / Art Deco ». Tout le design des bateaux se base sur une sorte d’équilibre, renforçant l’aérodynamisme (nécessitant même l’ajout d’une fausse cheminée) et bien évidemment… les couleurs de Mickey !

Outre l’aspect visuel, un autre défi se pose : être concurrentiel sur le marché, sans proposer de concept de casinos et en restant bien évidemment adapté aux familles. Pour y parvenir, la société ne lésinera pas sur les moyens pour proposer une offre de divertissement sans précédent, avec notamment la construction d’une salle de spectacles de 900 places, sans colonne et comprenant une scène d’une hauteur de cinq ponts. Le succès de la Disney Cruise Line fût immédiat avec une rentabilité dès les premières années d’exploitation.

Côté Parcs à Thèmes, un projet va mettre l’opinion publique en émoi : Disney’s America. Le concept ? Retracer l’Histoire des Etats-Unis de manière ludique, avec par exemple un roller-coaster sur ‘World War 2’ ou un train de la mine sur la révolution industrielle.

La thématique controversée et l’emplacement (à 75km à l’Est de Washington) vu comme une « profanation des terres de la Guerre Civile » vont mettre un définitif au développement.

L’épisode passe à un autre projet… et à une autre controverse : celle concernant un Parc à Thèmes ayant pour thème les animaux, dont Joe Rohde sera en charge.

Tout part d’une réflexion de Michael Eisner : « We have the Magic Kingdom… we should have the Animal Kingdom!”. Mais la ligne directrice est claire : il ne s’agira pas d’un ZOO.

Les Imagineers Disney se posent alors des questions fondamentales : qu’évoquent les animaux ? qu’évoque Disney ? Où les deux univers s’entrecroisent ?

Pour s’assurer du bien être des animaux, des consultants externes tels que Rick Barongi ou la célèbre Jane Goodall apporteront de précieux conseils et mettront toute leur expertise au service de Walt Disney Imagineering.

Comme aux prémices de Disneyland, l’importance est de créer une ambiance grâce à la végétation donnant une impression d’espaces ouverts et d’immensité. Pour se faire, Paul Comstock a appliqué les conseils de son mentor… un certain Bill Evans ! Les parcelles réservées aux animaux reproduisent le plus fidèlement les habitats naturels, offrant gouffres, marécages et autres pâturages. Et pour assurer le spectacle pour les visiteurs, les enclos seront particulièrement travaillés, avec des mangeoires bien cachés et un jeu avec la perspective.

L’immersion de Disney’s Animal Kingdom se joue avant tout sur son authenticité : c’est l’aboutissement d’années de recherches et de centaines de voyages. Mieux, sur le chantier, les Imagineers sont épaulés par des chaumiers d’Afrique du Sud et autres sculpteurs indonésiens !

Disney’s Animal Kingdom ouvra ses portes le 22 avril 1998, date symbolisée par le « Earth Day ».

De l’autre côté du globe, The Oriental Land Company commande un nouveau Parc Disney, 10 ans après le succès de Tokyo Disneyland : Tokyo Disney Sea !

Les Imagineers Disney conçoivent alors un univers totalement inédit ayant pour élément central un immense volcan abritant 2 attractions : ‘20,000 Leagues Under the Sea’ et ‘Journey to the Center of the Earth’. Un Parc rendant hommages aux 7 Mers et Océans de la planète, qui est encore aujourd’hui qualifié de chef d’œuvre absolu de Walt Disney Imagineering.

La problématique est différente en Californie, où la direction souhaite établir une véritable destination de vacances, à l’image de Walt Disney World Resort. Mais la situation est complètement différente : ici, pas d’immenses terrains, et des enjeux politiques ainsi que des problèmes de logements qui rendent chaque manœuvre difficile.

Tony Baxter propose alors une version californienne d’Epcot : Westcot Center, comprenant 7 zones thématiques. Des hôtels immersifs, rendant hommage à l’Asie, l’Europe ou l’Afrique étaient même imaginés pour offrir un dépaysement total. Si le projet a particulièrement plu à la direction, il a en revanche un peu moins eu les faveurs du service finances… Westcot Center restera à jamais comme la plus grande déception de la carrière de Tony Baxter, et on aurait aimé voir l’épisode s’attarder un peu plus longtemps dessus.

C’est finalement Disney California Adventure qui ouvrira ses portes quelques années plus tard, proposant initialement une vision modernisée du « California Dream » reflétant aussi bien le rêve Hollywoodien que les atouts naturels de l’Etat.

La zone « Paradise Pier » s’avèrera même être la madeleine de Proust de Michael Eisner, lui rappelant le parc d’attraction de Coney Island qu’il fréquentait durant sa jeunesse.

Mais très vite, le développement de ce Parc va s’avérer plus délicat que prévu : les Imagineers Disney devront composer avec le facteur « temps », puisque comme le dit si bien le saint patron de l’époque : « Time is Money ».

Ce dernier estimera que les limites (de temps et de budget) ne représentent pas forcément un frein à la créativité, et qu’au contraire elles permettent plus d’inventivité et d’efficacité.

Toujours est-il que le projet deviendra vite risqué et trop conceptuel pour être apprécié à sa juste valeur. Le résultat est sans appel : pour la première fois, les visiteurs découvrent un Parc Disney où ils ne sont pas coupés du monde extérieur et où des incohérences visuelles (mauvaise illusion d’échelle du Golden Bridge, lettres géantes « CALIFORNIE…) peuplent le paysage de ce qui se rapproche plus d’un centre commercial que d’un Parc Disney.

Souffrant de sa comparaison avec Tokyo Disney Sea, ouvrant la même année et ayant eu bien plus de temps et un budget conséquent, Disney California Adventure va devenir le symbole de la perte de communication entre les Imagineers Disney.

L’exemple le plus criant de cet échec créatif est sans nul doute Superstar Limo, jugée par de nombreux fans comme la « pire attraction jamais créée dans un Parc Disney ». L’idée ? Devenir un paparazzi et partir à la course aux photos volées de célébrités… sauf qu’entre temps, une certaine Lady Diana meurt dans un terrible accident, obligeant les Imagineers à revoir leur copie, pour le meilleur (et surtout le pire).

Malgré tout, Disney California Adventure peut se targuer d’avoir été le premier Parc Disney à accueillir un véritable classique : Soarin’ Over California. Derrière cette technologie de pointe et cette expérience unique, un homme : Mark Summer ayant trouvé l’inspiration en jouant avec des jouets de construction par une après-midi pluvieuse. Des tests seront effectués sur le système de Star Tours, et le concept bien répandu des « Flying Theaters » sera à mettre au crédit de Walt Disney Imagineering.

À son ouverture, Disney California Adventure sera fraîchement accueilli et une phrase de John Hench (véritable légende de Walt Disney Imagineering) aura une tournure de phrase aussi cinglante qu’adaptée : « je préfère le vieux parking… ».

Il faut dire qu’en 2001, les visiteurs découvrent un tout petit parc, affichant le même tarif que le Disneyland Park pour 3 fois moins d’attractions et une présence plus discrète des Personnages et univers Disney. Les premiers mois, les temps d’attente ne passeront pas les 15 minutes de moyenne, malgré des attractions de bonne facture. 

La peur de l’avion post-11 septembre 2001 n’arrangera rien aux affaires, et les finances des Parcs Disney devinrent alors moroses.

Outre-Atlantique, un 2ème parc est construit à Disneyland Paris pour respecter les termes de la convention liant The Walt Disney Company à l’Etat Français. Un seul mot d’ordre pour la construction du Parc Walt Disney Studios : faire le plus vite, et le moins cher possible ! Résultat : le plus petit Parc Disney (et le moins fréquenté) ouvre ses portes le 16 mars 2002. Le succès ne fût pas au rendez-vous (baisse de 17% des fréquentations) et les visiteurs ne trouvèrent la promesse d’un « Studio » seulement dans le nom à la vue de ces tas d’entrepôts.

Cette fois-ci la réputation de Walt Disney Imagineering est entachée et l’entreprise voit de nombreux créateurs de talent claquer la porte.

Autre projet abordé dans cet épisode : Hong Kong Disneyland. Avec l’indépendance d’Hong-Kong en 1997, The Walt Disney Company saisit l’opportunité de toucher un nouveau marché. Mais un challenge de taille s’implique : la ville est particulièrement dense et aucun terrain plat et accessible par route et métro ne semble se présenter.

L’entreprise jette son dévolu sur l’île de Lantau reliée par ponts à Hong-Kong et sur… une immense parcelle d’eau, qui sera en quelques années recouverte de tonnes de sable.

L’épisode insiste sur le fait qu’Hong Kong Disneyland peut tout à fait être vu comme un simple cas d’étude pour mieux investir sur le marché chinois.

Les coûts budgétaires sont réduits au maximum, et sacrilège : une embauche de château « plat » dans l’esprit de la façade d’it’s a small world est même discutée, sans rivière, ni fleurs, ni grands paysages verts…

Pour adapter au maximum son produit résolument occidental, The Walt Disney Company fait appel à Wing Chao (maitre Feng Shui) pour les différents emplacements du Parc. Son entrée se verra alors déplacée de 12° pour augmenter son énergie positive. Finalement, l’eau est rajoutée, signe de terres fertiles.

Tout sera fait pour que la culture chinoise soit respectée au maximum : des menus des restaurants mettant à l’honneur la cuisine locale aux panneaux d’information déclinés en 3 langues. 

En septembre 2005, lors de l’inauguration officielle, un terrible incident va replonger les Imagineers 50 ans plus tôt : l’asphalte du Parc ne résistera pas aux fortes chaleurs et les bancs s’enfonceront dans le sol…

Les visiteurs découvrent un petit parc trop concentré sur les jeunes enfants, avec seulement une seule attraction à sensations fortes (Space Mountain, où les visiteurs chinois ne rentraient même pas, par méconnaissance) et dont ils font le tour en seulement quelques heures.

Encore une fois, le travail des Imagineers Disney passera complètement inaperçu et les petits détails ne seront pas appréciés par les visiteurs.

Encore un autre exemple de ces modèles de « petits Parcs Disney à petits prix » qui s’avère être un 3ème échec consécutif après Disney California Adventure et le Parc Walt Disney Studios. Pas étonnant en 2020 de retrouver ces 3 destinations réimaginées à coups de plan d’expansion de plusieurs milliards de dollars.

Roy E. Disney se retirera du conseil d’Administration, laissant les actionnaires évincer Michael Eisner. Même si la fin de son mandat a soufflé le chaud et le froid, ce dernier aura notamment vu se lancer la Disney Cruise Line, mais également s’ouvrir 7 Parcs Disney et aura fait multiplier la valeur en bourse de Disney par 30 !

En guise d’ultime clin d’œil, Michael Eisner conclura sa lettre de démission par un mythique « I’m going to Disneyland ! ».

L’épisode se referme sur une réflexion autour de la relation frustrante, mais pourtant importante, entre les Imagineers Disney et les financiers : la créativité ne va pas de paire avec la théorie commerciale sur l’efficacité… 

 

A Carousel of Progress (62mn)

Réalisé par Leslie Iwerks / Sortie le 6 décembre 2019

Le changement de gouvernance de la Walt Disney Company entraîne un nouvel élan pour les Imagineers après les errances abordées dans l’épisode précédent. 2005 marque ainsi un tournant avec l’arrivée de Bob Iger qui succède à Micheal Eisner durant les célébrations du 50ème anniversaire de Disneyland.

Première décision importante : la refonte du parc Disney California Adventure. Le documentaire s’attarde ainsi sur les 5 ans de chantier nécessaires afin d’apporter un élément clé au lieu : l’authenticité. Pour se faire, Buena Vista Street devient la nouvelle entrée apportant charme et cachet dès la première impression. Concernant les nouvelles attractions, le rachat de Pixar 1 an plus tôt offre de nouvelles possibilités aux Imagineers qui proposent alors un ride interactif centré sur la bande à Woody : Toy Story Mania. L’occasion de revenir sur l’incroyable prouesse de l’Audio-Animatronic de Mr Patate capable de retirer son oreille à l’instar de son pendant animé. Un vrai régal.

Pour compenser l’arrivée massive de la dernière génération de personnages Disney, il est décidé de donner un côté vintage à Paradise Pier. La série s’attarde très peu sur cette transformation, il faut dire qu’aujourd’hui la décision de l’époque a été complètement effacée avec l’ouverture de Pixar Pier en 2018… Heureusement, il n’est pas fait omission de World of Color. Pour faire du Parc une vraie expérience d’une journée qui se termine de la plus belle des manières, les Imagineers décident de moderniser un classique de la télévision Disney et d’en faire un must see combinant projections, lasers et fontaines. Une mission largement accomplie puisque le show est considéré par beaucoup comme le meilleur des Parcs Disney.

Le dernier chantier de DCA consiste en l’ajout d’une nouvelle zone. Carland est ainsi développé sous la houlette de Kevin Rafferty, passionné d’automobile qu’il est. Le documentaire dévoile ainsi les concepts-arts originaux rendant hommage à la culture automobile des années 50 avant le bouleversement de la franchise Cars. Si John Lasseter apparait furtivement, on regrettera que sa nomination en tant que Consultant Créatif chez WDI et son implication soit passée sous silence suite au scandale récent qui l’a éjecté de Disney. Devenu Cars Land, le projet devient un chantier titanesque nécessitant 28 000m2 de plâtre sculpté et peint à la main. Le reportage s’attarde également sur l’utilisation des nouvelles technologies qui ont découle de ce chantier dont le DISH. Aussi appelé Digital Immersive Showroom, ce nouvel outil qui permet de visualiser le land en 3D avant le moindre coup de pelle.

DCA 2.0 est un succès et reçoit des critiques élogieuses. Alors que le changement est ici acclamé, la réalisatrice Leslie Iwerks prend le contrepied et nous montre comment celui-ci peut être également mal perçu. Avec les exemples que sont Haunted Mansion Holiday lancé au début d’Internet suscitant ainsi les premières réactions en ligne des fans, It’s a Small World et l’ajout des personnages Disney, Pirates of the Caribbean avec Jack Sparrow et La Rouquine…

The Imagineering Story revient ensuite sur la naissance du mapping vidéo ou comment la technologie a permis de nouveaux effets aux domaines d’applications multiples et variés : des Audio-Animatronics de Seven Dwarfs Mine Train aux nouveaux effets de Peter Pan’s Flight en passant par la scène du temple et du dieu Mara dans Indiana Jones Adventure sans oublier bien sûr les shows nocturnes qui ont le plus bénéficié de cette révolution.

Les années 2010 apportent ainsi de nouveaux challenges. Le public veut des expériences personnalisées et n’est plus prêt à attendre dans de longues files pour faire une attraction. Désormais le plus grand ennemi des Imagineers tient dans une poche : le smartphone qui capte davantage l’attention du public. Ajouté à cela un monde où les technologies se développent de plus en plus vite et où le risque de voir une attraction obsolète dès son ouverture grandit inexorablement et vous aurez un bref aperçu de ce à quoi les Imagineers actuels sont confrontés.

L’épisode propose alors un focus sur Mystic Manor qui bénéficie justement d’une attention toute particulière à l’utilisation d’effets spéciaux au service du storytelling. Attention aux spoilers pour les personnes n’ayant jamais fait l’expérience car le documentaire n’est pas avare en images backstage et en secrets révélés ! Un moment fort appréciable est de voir le compositeur Danny Elfman dans le processus de création de l’attraction d’un point de vue musical. L’artiste, célèbre pour ses compositions comme Batman, Edward aux Mains d’Argent ou Alice au Pays des Merveilles est ici face à un défi tout autre qu’un film avec une musique qui doit accompagner chaque véhicule de façon synchronisé et indépendante dans des pièces où plusieurs groupes de visiteurs sont présents.

C’est enfin au tour de Ratatouille : L’Aventure Totalement Toquée de Rémy de révéler les coulisses de conception. Que de pépites en quelques minutes sont alors montrées au spectateur ! Les prémices du ride nous montrent alors une attraction entièrement basée sur des décors physiques géants. Il est d’ailleurs amusant de voir comment le documentaire semble indiquer que le Parc va mieux aujourd’hui grâce à ce seul ajout alors qu’en réalité il faudra attendre 2025 et les 3 nouveaux lands pour enfin avoir un Parc digne de ce nom.

L’épisode 5 se termine sur une note émotionnelle forte. Les terribles incidents du séisme du 11 mars 2011 au Japon rappelle que si Disney peut contrôler à peu près tout dans ses Parcs, elle ne peut rien face aux catastrophes naturelles. Tokyo Disney Resort du fait de certains dégâts et du deuil national, reste fermé pendant 1 mois et demi. Les images d’archives de la réouverture sont alors fortes. De la dévastation à la joie, c’est le sentiment d’un peuple tout entier qui s’exprime : celui de pouvoir avancer. The Imagineering Story nous rappelle alors ce que cela procure que de déambuler dans les allées de Main Street U.S.A : la sensation d’être enveloppé dans une atmosphère bienveillante où les gens partagent un point commun : celui d’être heureux. Et un nouveau lieu s’apprête à connaître cette sensation : Shanghai

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