Si le titre de l’article vous fait penser que la fin est proche, que l’on se rassure de suite, un avenir il y en a un. La vraie question est plus de savoir : Quand ? A moins d’avoir un Timekeeper sous la main, impossible à dire de manière exacte mais plusieurs éléments sont à prendre en considération pour s’en faire une idée la plus juste…

Une crise plus longue que prévue

Parmi les industries qui souffrent en ces temps de crise sanitaire se trouve celle de la culture et du divertissement :  salles de cinéma à moitié vides quand elles ne sont pas fermées, festivals annulés, concerts reportés, personne n’y échappe. L’industrie des parcs a toujours fonctionné sur sa capacité à attirer les touristes en masse et à rationaliser leur expérience. Ajouter de la capacité avec de nouvelles attractions, réduire l’attente via les systèmes de coupe-files, optimisation des flux de l’arrivée au parking jusqu’à la sortie… Difficile de croire il y a encore un an qu’un si petit micro-organisme arriverait à mettre son grain de sel dans cette industrie aux rouages bien huilés depuis plusieurs décennies.

Et ce sont justement les leaders du secteur qui en pâtissent le plus. En Californie, Disneyland 1er du nom et Universal Studios Hollywood sont restés portes closes depuis mars dernier. À Orlando, capitale mondiale des sensations fortes, les grands Resorts sont privés du tourisme mondial et contraints de limiter leur capacité. Une situation qui a poussé à des licenciements massifs : 32 000 Cast Members pour le groupe Disney Parks et plus de 7000 Team Members côté Universal tandis que chez SeaWorld, les chiffres s’élèvent à 1900 salariés.

Crédit Photo : Le Parisien

En France, les parcs d’attractions ont su davantage limiter la casse malgré une ouverture tardive début juillet. « Avec la crise sanitaire, nous avons perdu à peu près 30 % de notre fréquentation cet été » explique Guy Vassel, directeur général adjoint du Parc Astérix. Même son de cloche chez le Futuroscope qui estimait une baisse de 25 % pour le mois de juillet par rapport à 2019 et un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros sur un objectif s’élevant à 105 millions d’euros. Disneyland Paris pâtit, lui, du manque de clientèle internationale qui représente près de 50 % de ses visiteurs.

Au global, la chute de fréquentation s’élèverait à 48 % en moyenne comparé à l’an passé selon le Syndicat national des espaces de loisirs, d’attractions et culturels.

 

Retrouver l’expérience d’antan

Les protocoles sanitaires ont changé notre façon de consommer les parcs. Impossible désormais de se décider en dernière minute pour aller flâner le long des allées d’Europa-Park ou d’Efteling, il faut obligatoirement avoir réservé en ligne pour entrer. Une formalité qui pourrait rester sur le long terme du moins chez Disney comme semblait l’indiquer dans une interview Josh d’Amaro, Chairman Disney Parks, Experiences and Products. Avec une capacité limitée qui varient entre 25 et 40 % dans la plupart des Parcs, c’est une part conséquente du chiffre d’affaires qui s’en va. D’autant qu’opérationnellement, les coûts restent élevés. Si Walt Disney World arrive à dégager une marge selon Bob Chapek, CEO de The Walt Disney Company, elle peut aussi remercier le chèque conséquent de la NBA qui a permis de finir sa saison en son sein. Une « bulle sanitaire » a ainsi été entièrement crée pour que les joueurs soient limités dans leur contacts avec le monde extérieur entre 2 matchs joués sur le Resort.

Une notion de « bulle sanitaire » qui pourrait bien montrer la voie pour l’avenir. Car si l’industrie des Parcs a su affronter les montagnes russes de 2020 et innover pour s’adapter, elle ne peut perdurer économiquement avec de telles limitations. D’autant qu’au sein de ce microcosme, c’est toute la division Entertainment qui a été balayée par le COVID (exception faite du Puy du Fou). Spectacles, parades, feux d’artifice ou simples animations de rue… C’est une part non négligeable de l’expérience visiteur qui s’en est allé. Pour pouvoir opérer de nouveau à pleine capacité, plusieurs pistes sont porteuses d’espoir.

Tout d’abord la première et non des moindres : les vaccins. Ces dernières semaines, les annonces se sont multipliées à ce sujet avec une campagne de vaccination qui débute dès maintenant dans de nombreux pays. Le secteur aérien réfléchit déjà activement à uniformiser les modalités d’accès avec le développement d’un « passeport santé » pour pouvoir transiter à l’étranger de façon sûre. Une solution de vaccination obligatoire semble cependant compliquée à faire accepter par tous. Pour preuve la récente polémique de la compagnie aérienne Quantas qui a déjà communiqué sur le fait que les passagers de ses vols internationaux devront justifier d’une preuve de vaccination. Une démarche d’autant plus difficile à faire appliquer à l’entrée des parcs donc. Au final, cette campagne de vaccination demandera du temps avant de porter ses fruits.

 

La démocratisation des tests de détection rapides du COVID-19 est une piste bien plus solide envisagée. La rapidité est l’enjeu clé. Comme le souligne Eddie Sotto, Designer pour les parcs à thèmes, il suffirait que le délai soit de 2 minutes maximum avec un coût opérationnel de test réduit pour envisager cette contrainte comme une nouvelle formalité d’accès aux parcs tel les contrôles des sacs. Universal Studios et Six Flags ont commencé à sonder les visiteurs par rapport à cette possible future éventualité. A noter qu’aux États-Unis, le contrôle de la température est déjà devenu obligatoire. Au-delà de l’aspect économique, il y a un enjeu essentiel : rassurer le visiteur. Instaurer ces « bulles » protectrices pourrait permettre de retrouver le sourire des familles sans leurs masques, une nécessité pour s’échapper du quotidien. Eddie Sotto s’est justement mis en tête de développer cette solution pour créer l’expérience visiteur de demain avec son projet Futureproof Experience. Des avancées qui en matière de tests antigéniques continuent de se développer pendant ce temps-là…

Enfin, certaines entreprises comme Ticketmaster se lancent déjà en tant que tiers de confiance pour vérifier l’état de vaccination ou le résultat d’un test COVID pour permettre de valider l’accès à certains évènements. Sous couvert d’autorisations des autorités compétentes, ce genre d’initiative pourrait se développer davantage dans les prochains mois…

 

Investir dans l’avenir

Faut-il rester fidèle à son plan initial de développement ou au contraire jouer la précaution devant l’incertitude ? Un questionnement aux enjeux colossaux dont la réponse se doit d’être claire dès maintenant car demain se prépare aujourd’hui.

L’avenir, c’est justement le sujet de prédilection du Futuroscope qui a décidé d’investir 300 millions d’euros dans de nouvelles attractions ainsi que la construction de deux hôtels thématiques et d’un parc aquatique, l’Aquascope d’ici 2025. « En pleine période de crise du Covid-19, ce projet illustre notre volonté de poursuivre une stratégie volontariste d’investissements dans la durée », a résumé Dominique Marcel, PDG de La Compagnie des Alpes qui détient le parc.

Même état d’esprit à Nigloland où le parc prévoit d’ores et déjà sa plus grosse nouveauté depuis l’ouverture du parc ! Avec Krampus Expedition, le parc entend offrir de nouvelles sensations fortes pour sa saison 2021 pour un coût total de 12 millions d’euros.

Certains projets déjà validés ont subi des retards, crise oblige, mais les chantiers ont pu reprendre après un temps d’arrêt. 2021 sera donc malgré tout une année riche en nouveautés ambitieuses à commencer par Universal Studios Japan qui ouvrira le 4 février prochain Super Nintendo World, une zone immersive entièrement dédiée à Mario et au Royaume Champignon. Une inauguration planifiée quelques mois avant les Jeux Olympiques de Tokyo pour relancer l’activité.

Universal qui continuera de s’étendre en Asie avec l’ouverture de son Resort à Pékin après des années de développement. « Nous avons pleinement confiance dans le secteur du tourisme et de l’industrie des parcs à thème. Nous sommes convaincus que seule une étroite coopération permettra à l’ensemble du secteur de surmonter les difficultés et d’en sortir plus fort » a déclaré Tom Mehrmann, Président d’Universal Beijing Resort.

Autre ouverture de taille cette fois-ci en Europe avec la déclinaison espagnole du Puy du Fou à Tolède prévue pour le 27 mars prochain. Les dirigeants espèrent accueillir un million de visiteurs pour l’année 2021.

La transformation du Parc Walt Disney Studios se poursuit à Disneyland Paris tandis qu’en Floride, Walt Disney World s’apprête à célébrer ses 50 ans en octobre 2021. L’occasion de faire résonner « There’s a Great Big Beautiful Tomorrow”, une ritournelle symbole d’optimisme, sur sa nouvelle campagne promotionnelle.

 

Une chose est sûre, la demande est là ! Après bientôt une année marquée par les efforts collectifs, le public n’attend qu’une chose : partager et s’évader à nouveau. Les parcs à thèmes se tiennent prêts à reconquérir les plus hauts sommets du divertissement !

 

Sources :

https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/la-nouvelle-eco-reconfinement-dure-saison-pour-les-parcs-d-attraction-1603975194

https://www.lanouvellerepublique.fr/vienne/commune/chasseneuil-du-poitou/futuroscope-un-debut-d-ete-difficile-mais-pas-inquietant-selon-son-directeur

https://www.futureproofexperiences.com/

https://www.iaapa.org/regions/asia-pacific/universal-beijing-resorts-tom-mehrmann-sees-bright-future-resort-still-target

https://themeparkuniversity.com/theme-parks-101/could-ticketmaster-have-the-key-to-theme-parks-operating-at-full-capacity/

https://www.usatoday.com/story/travel/experience/america/theme-parks/2020/09/15/how-to-make-theme-parks-mask-free/5793687002/

https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/le-futuroscope-va-s-agrandir-avec-la-creation-d-un-deuxieme-parc-d-ici-2025-03-07-2020-8347002.php

https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/disney-asterix-puy-du-fou-la-frequentation-des-parcs-d-attractions-a-chute-de-moitie-cette-annee-09-12-2020-8413298.php

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