Nothing can stop us now. I’ll tell ya how… We’re gonna make it happen.

Le 4 mars 2020, Walt Disney World inaugurait sa toute nouvelle attraction aux Disney’s Hollywood Studios : Mickey and Minnie’s Runaway Railway. Une aventure haute en couleurs mettant en scène les célèbres souris et tous leurs amis, ouvrant en lieu et place du cultissime The Great Movie Ride. Depuis son ouverture, une étiquette de « déception » est accolée sur l’attraction qui, comme ses protagonistes dans leurs péripéties, est sans arrêt dans l’œil du cyclone des fans américains. Pour ne rien arranger, la pandémie a quelque peu mis dans l’ombre cette nouveauté majeure. Mais alors, Mickey and Minnie’s Runaway Railway est-il aussi mauvais que l’on veut bien nous le faire croire ? Nous avons eu la chance de prendre place à bord du Runamuck Railroad pour vivre un « Perfect Picnic », et nous vous proposons de découvrir notre retour d’expérience…

Un mauvais accueil pour la première attraction majeure de Mickey et Minnie

65 ans, c’est le temps qu’ont du patienter Mickey, Minnie et toute leur bande pour enfin être les vedettes d’une attraction. Jusqu’à lors, ces derniers étaient surtout représentés dans les parades et dans quelques spectacles d’animatroniques (Mickey Mouse Revue) ou cinémas 3D (Mickey’s PhilharMagic). Une injustice qui est à présent comblée avec ce dark-ride nouvelle génération. Mais alors qu’est-ce qui cloche réellement ? Plusieurs éléments peuvent servir de base de réflexion à ce sujet :

  • Le poids de l’héritage : il faut dire que remplacer The Great Movie Ride n’était pas une mince affaire. Avec ses 59 figures animatroniques, ses impressionnants effets spéciaux, et d’une durée de plus de 20 minutes, l’ancienne attraction offrait une immersion dans de nombreux grands films hollywoodiens, et figurait parmi les favorites des fans depuis son ouverture en 1989. Mais au fil des années, les films représentés ne parlaient plus autant aux plus jeunes visiteurs, et les animatroniques accusaient doucement leur âge. De plus, cette attraction était sans arrêt au cœur de conflits d’intérêts entre The Walt Disney Company et les différentes sociétés de production cinématographiques, comme MGM. Il n’empêche que l’annonce de son remplacement s’est accompagnée des foudres de bons nombres de fans, ne créant ainsi pas les meilleures conditions pour accueillir le nouveau projet…

 

  • La réputation des « rides à écrans » : les nouvelles technologies ont permis de repousser les limites de l’immersion dans les parcs à thèmes. Mais parfois, elles ont été utilisées pour faire des économies d’échelle sur la conception d’une attraction, en remplaçant (pas toujours de manière convaincante) des effets physiques, ou des figures animatroniques par des projections et autres écrans. Ratatouille : l’Aventure Totalement Toquée de Rémy (Parc Walt Disney Studios) ou Fast’n’Furious Supercharged (Universal Studios Florida) sont des exemples de « ratés » ayant crée chez les fans une méfiance dès lors que des projections sont utilisées. Alors rajoutez cet ingrédient à celui du remplacement d’une attraction aux 59 animatroniques et vous avez la recette idéale pour un mauvais accueil d’une partie du public.

  • Les looks de Mickey & Minnie : c’est peut-être un détail pour vous, mais pour les fans ça veut dire beaucoup… Dans Mickey and Minnie’s Runaway Railway, les personnages abordent leurs « nouveaux looks » issus de la série animée Mickey Mouse Shorts lancée en 2013. Leur style graphique, qualifié d’excentrique et inapproprié, avait déjà été à l’époque le sujet d’une grande discorde dans la communauté de fans, Même si l’eau a coulé sous les ponts depuis, et que ce style s’est peu à peu imposé, avec une nouvelle série en 2020 The Wonderful World of Mickey Mouse, beaucoup ont encore du mal à accepter les nouvelles courbes de leurs héros favoris.

L’histoire et le déroulé de l’attraction

Synopsis : Mickey et Minnie se dirigent tranquillement avec Pluto en direction du parc afin de partager un pique-nique bucolique. En chemin, ils croisent Dingo aux commandes d’un train à vapeur, tout en chantant leur chanson phare « Nothing can stop us now », quand soudain… tout se précipite et les visiteurs sont embarqués pour une course mouvementée remplie de gags, dans ce monde cartoonesque où les lois de la physique ne s’appliquent pas.

A l’extérieur, seul le gigantesque néon lumineux mentionnant le nom de l’attraction fait écho à cette aventure. En effet, le choix a été fait de conserver la réplique du mythique cinéma hollywoodien The Chinese Theater qui abritait auparavant The Great Movie Ride. Ainsi, les extérieurs restent en cohérence avec la thématique globale d’Hollywood Boulevard, la zone accueillant le bâtiment. Les visiteurs sont en réalité invités à venir découvrir en avant-première le nouveau court-métrage de Mickey et Minnie sur grand écran. La file d’attente reprend simplement quelques posters des aventures des souris, et reprend quasi à l’identique l’ambiance du Chinese Theater, comme le faisait son prédécesseur.

 

Les visiteurs sont par la suite invités à prendre place dans l’une des salles de projection afin de découvrir « The Perfect Picnic », le nouveau court-métrage reprenant le synopsis précédemment détaillé. Tout ne va donc pas se passer comme convenu et l’explosion de la locomotive va alors créer un trou dans l’écran et projeter Dingo contre la toile de projection. Il va alors interpeler la Cast Member afin d’ouvrir la voie vers le « monde des toons » et embarquer pour un tour en train.

Les visiteurs passent alors à travers l’écran et se retrouve dans une pièce nettement plus colorée (et bruyante, avec sa très courte et incessante boucle musicale) : la gare d’embarquement. Le costume des Cast Members change par la même occasion, et la tenue rouge est remplacée par un veston vert, un foulard bleu et une casquette de cheminot.

Une fois à bord, la balade peut commencer, mais celle-ci n’est pas de tout repos : au moment de saluer Mickey et Minnie dans leur voiture, un problème d’aiguillage sème la zizanie et la locomotive s’emballe tout en se séparant du reste des wagons, c’est le début de la remuante aventure, alors que Mickey et Minnie se lancent dans une opération sauvetage.

Les scènes de cartoons s’enchainent : le Far West et ses vautours, la fête foraine et sa féroce tempête, ou encore l’île tropicale et son volcan entrant en éruption. Chaque scène apporte son lot de rebondissements et de gags mettant en scène de nombreux personnages. Par exemple, Pat Hibulaire prend un malin plaisir à faire trembler toute une ville avec son marteau-piqueur alors que Daisy est bien décidée à faire des visiteurs des experts en conga line.

Le climax se fait dans une usine tourmentée où les wagons sont sur le point de se faire compresser par une gigantesque presse lorsque Minnie parvient à arrêter la machine. La pièce se métamorphose alors comme par magie et les fourneaux laissent place à un carrousel et autres fleurs. Mickey et Minnie peuvent finalement passer un moment au calme, en interprétant au ukulélé « Nothing can stop us now ». Tout est bien qui finit bien et Dingo peut fièrement regagner la gare de débarquement…

 

Notre avis sur l’attraction

Il y a beaucoup à dire sur Mickey & Minnie’s Runaway Railway tant l’attraction est riche en effets et surprises. Tout d’abord, un mot sur les véhicules : la technologie « trackless » est parfaitement utilisée, en transformant un train « classique » en multiples wagons autonomes. Pour parfaire l’illusion, des rails physiques sont d’ailleurs visibles au sol au niveau de l’embarquement.

Les véhicules suivent différentes trajectoires et offrent différents points de vue aux passagers et quelques effets (vibrations, mouvements brusques) prolongent l’action des scènes projetées. Autre détail amusant : lorsque les wagons retrouvent leur locomotive, ces derniers ne s’établissent pas dans le même ordre qu’initialement. Ainsi, la voiture balai se retrouvera en tête du cortège, tout proche de Dingo.

Nous devons tout de même avouer que notre degré d’appréciation de l’attraction n’a pas été tout à fait le même suivant notre positionnement dans les véhicules. Les derniers wagons du train donnent parfois le sentiment d’arriver « après la bataille » dans certaines scènes, lorsque le scénario est déjà bien entamé avec même parfois des effets se terminant avant notre passage.

Abordons à présent les effets spéciaux des différentes scènes : nous avons été comblé par le mélange réussi des décors physiques et des projections. Il est quasiment impossible de faire la différence entre les surfaces peintes et les médias digitaux. Les décors physiques jouent sur des illusions d’optiques pour apporter de la profondeur aux différents environnements.

Certains éléments vont même réagir physiquement aux péripéties, comme les drapeaux de la fête foraine s’agitant, prolongeant ainsi les effets de la tempête numérique, ou encore les barrières signalétiques répercutant l’onde de choc du marteau-piqueur.

Les projections sont de très grande qualité et couvrent une immense surface de chacune des pièces, nous aidant à détourner le regard des installations techniques situées au plafond. Les actions survitaminées caractéristiques des cartoons animés peuvent parfois saturer la compréhension et la lisibilité de l’histoire, mais elles ont le mérite d’être en adéquation avec le côté « runaway railway ».

Le véritable point noir de Mickey & Minnie’s Runaway Railway c’est avant tout les quelques figures animatroniques de Mickey et Minnie. Le rendu 2D / 3D est tout simplement raté, avec des visages éclairés à l’image de nombreux autres personnages récemment (comme Elsa dans Frozen Ever After ou encore les 7 Nains dans Seven Dwarfs Mine Train). Le positionnement de profil des visages pour reprendre le plus possible le look des cartoons 2D ne semble pas naturel et les proportions des têtes paraissent même parfois inégales.

Outre l’aspect économique et une maintenance facilitée, nous pouvons imaginer que ce choix a été fait afin de respecter les changements de faciès selon les émotions des protagonistes, comme vu dans les séries animées. Hélas, la réussite n’est pas au rendez-vous… contrairement aux autres animatroniques qui sont davantage réussies (Pluto, Daisy, Pat Hibulaire).

De son côté, l’ambiance sonore rythme parfaitement l’aventure, que ce soit aussi bien la musique (mélodie épique pour la scène Far West, rythme jazzy sous l’océan ou encore conga endiablée avec Daisy) que les bruits aux alentours (marteau piqueur, tornade), et évidemment mention spéciale pour « Nothing can’t stop us now », qui nous reste encore en tête quelques semaines après notre visite.

Dans sa globalité, nous avons apprécié nos différentes expériences de Mickey & Minnie’s Runaway Railway. Cette attraction donne une nouvelle fois un coup de frais à Disney’s Hollywood Studios, qui continue sa cure de jouvence récente avec Toy Story Land ou encore Star Wars: Galaxy’s Edge. Si les plus nostalgiques lui préféreront The Great Movie Ride, nous préférons de notre côté ne pas comparer deux créations très différentes l’une de l’autre, et au contraire de se réjouir de l’innovation et des mises à jour permettant de toujours plus surprendre les visiteurs.

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